Economie

Samedi 10 janvier 2009 6 10 /01 /Jan /2009 11:17
Je fais partie de cette minuscule tribu résolument opposée à la spéculation boursière .

Je comprends parfaitement l'argument qui justifie l'introduction en bourse d'une société pour y rechercher des capitaux, mais je considère qu'il porte en lui le paradoxe du capitalisme quand il se prétend l'apanage de la "libre entreprise".
En effet, devoir recourir à cette solution signifie intrinséquement que les institutions financières conventionnelles sont incapables d'apprécier la qualité du produit proposé.
On se demande bien pourquoi les banques versent des salaires faramineux à des conseillers dont la capacité d'analyse ne leur permet pas de définir le potentiel de retour sur investissement d'une prise de risque, non seulement sur les perspectives de développement de l'entreprise, mais également sur les nouvelles ouvertures de compte qui peuvent en être un corollaire...
Il appartient donc à l'entreprise à la recherche d'investisseurs d'assurer la promotion de son potentiel et donc d'alourdir ses charges de gestion par l'emploi d'auditeurs/communiquants dont ce sera la tâche.
Il n'est écrit nulle part que leurs intérêts personnels n'entreront jamais en conflit avec les différentes parties concernées quand il est bien rare qu'on parvienne à satisfaire l'ensemble des intervenants...

Et force m'est de supposer que la crise actuelle est l'aboutissement logique de ces conflits d'intérêt...

Les plus grosses ficelles ont été tirées de rechercher une augmentation des profits en réduisant les masses salariales.
L'effet pervers le plus évident (à côté de la baisse du pouvoir d'achat et du développement de l'emploi précaire) concerne la collectivité qu'on a su convaincre de ne pas trop taxer les "profits du capital" en même temps qu'on lui laissait prendre en charge les coùts sociaux et logistiques.
Alors que, par définition, une entreprise avec des perspectives de développement est demandeuse d'une main d'oeuvre de plus en plus performante et évolutive, on a épargné sur les budgets de formation/recherche/développement, les laissant également à la charge de la collectivité.
En quelque sorte, on a déshabillé Pierre pour habiller Paul...

Et enfin, mais ce n'est heureusement pas le lot de tous, on a utilisé de nombreux subterfuges pour spollier également les investisseurs !
"Et que je truque mes bilans par ci, et que je revends plusieurs fois des hypothéques par là..."

Au minimum, ce sont 2 000 Milliards d'€uros de valeurs fictives, plus ou moins monétisées, qui polluent la circulation des capitaux !
Eu égard au potentiel économique mondial, ce pourrait être "négligeable" (désolé pour le 1/3 Monde)... sinon qu'on peut multiplier par 5 l'effet pervers qu'il produit sur la réactivité des investisseurs "honnêtes".
Ceux ci étant momentanément paralysés par l'angoisse d'être encore plus dépouillés de leur épargne "laborieusement" acquise, laissent "ceux là" acquérir à moindre frais les rouages essentiels du devenir de nos sociétés industrielles et civiles...

La question à laquelle chacun craint de répondre est : "Qui sont ...
ceux là" !?!
Mais ceci est une autre histoire !


Par le fait, le dernier discours de notre "cher" Président sur le capitalisme me ferait sourir... si la situation n'était pas aussi dramatique !

Ce petit homme qui n'a même pas su profiter de sa situation à la tête de l'Union Européenne pour suggérer la création d'un fonds souverain européen, mais pérore d'en avoir créé un "français" d'une vingtaine de milliards (!?!) pense qu'il tient entre ses petites mains l'arme absolue pour jouer dans la cour des grands !!!
Il nous parle du "capitalisme" comme s'il en connaissait les rouages mieux que son "Ministre de la relance" qui en est encore à confondre "Plus value" et "Valeur ajoutée".
Ce pauvre garçon est victime d'autant de confusion sémantique que de confusion mentale ; c'est dire !

Ayant aussi une très grande estime pour ces "économistes", "experts" auprès des médias publics, je ne peux m'empêcher de relever ce que j'entendais de la part d'un de ceux-ci sévissant sur France Inter...
Ce brave garçon soutenait que la valeur d'Air France était sous-évaluée eu égard à son capital, et qu'il pouvait être opportun d'y placer quelque menue monnaie ...
J'aurais aimé qu'il soit capable de me définir la valeur d'un avion cloué au sol par la récession économique !?!

En dehors de ça, si les citoyens trouvent normal que l'on fasse la promotion de valeurs anti socales sur les médias publics, grand bien leur fasse ...



Par Paco Necté - Publié dans : Economie
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